Le Cri Sauvage de l’Âme, Frédéric Soulier

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Magistral !

Pfiou. Qu’est-ce que ça fait du bien d’se dire qu’il y a encore quelques vrais écrivains dans le paysage littéraire français. Et croyez-moi m’sieurs dames, ce lascar-là, faut pas l’lâcher. Le Frédéric Soulier, c’est quand même ot’ chose que tous ces “best sellers” que les gros éditeurs nous ordonnent presque de nous enfiler, et que leurs auteurs animent toujours de la même recette, des mêmes schémas éculés néanmoins efficaces, tapant dans l’cœur de la ménagère à grand renfort de mièvrerie ou de gore outrancier.

Non, avec lui, c’est chaque fois différent, on r’découvre sa plume et son style avec toujours le même plaisir, même qu’il arrive à nous surprendre le bougre ! Comment ? Par la vérité qui transpire de ses bouquins, pardi. Ça suinte de partout, c’est dégueulasse. Les émotions et le côté noir (“humain”, nous dira l’auteur) que tant d’autres rechignent à approcher où sont simplement incapables de retranscrire. Ouais, la vérité ! C’est c’que j’retiendrai d’cette lecture. Elle te pénètre et t’concerne à un point que tu n’t’attendais pas, à un degré tel qu’elle te cueille ton p’tit cœur qu’tu croyais blindé. Tu t’surprends à l’sentir battre sous ta carcasse de lecteur qu’a tout vu, qu’a tout lu, à en perdre tes moyens, jusqu’au moment où tu t’aperçois qu’tu t’mets à écrire comme lui, enfin… comme certains d’ses personnages causent. C’est tout simplement magique.

Je ne demanderai pas le créateur en épousailles, ne vous inquiétez pas, pas plus que j’ai de parts dans son entreprise d’édition, mais lorsqu’on débusque un talent pareil, contribuer à le révéler au grand jour devient presque un devoir. Ce n’est pas la première œuvre de Frédéric Soulier que je lis (et certainement pas la dernière), mais là, il nous embarque avec brio dans une dimension humaine que nous sommes alternativement tentés de savourer, puis de dégueuler.

L’Humanité, dans ce qu’elle a de plus sombre, triste et farouche, décrite avec une vérité (j’l’ai d’jà dit) poignante. À quoi tient cette vérité ? Hé bien, c’est là que ça se corse. La recette de l’auteur tient presque de l’alchimie. Il nous bombarde d’émotions diverses, de portraits pas très flatteurs, de drames, d’anecdotes désopilantes, de satires en tout genre, mais aussi (et heureusement), de petites piques émouvantes (si si) qui, dans tout cet amalgame de noirceur, irradient tel le phénix, étincellent à t’en éblouir les mirettes. Peut-être qu’il n’en a pas après tout, de recette, et qu’il étale généreusement ses tripes sur le clavier, comme un premier jet spontané, dicté par le cœur et traduit par un esprit acerbe et mélancolique.

Toujours est-il qu’il a cette manière bien à lui d’ancrer son récit dans une réalité, faisant référence à des lieux, des événements, des célébrités, des médias ou des guerres avérées, ainsi qu’à des attitudes grotesques, mais tellement actuelles.

Et ses tournures, quelle classe ! Non, pardon, je retire, la classe de l’auteur n’est certainement pas ce que vous retiendrez de ce livre ; on l’a assez critiqué sur sa véhémence et sa grossièreté pour que j’évite de le laver de l’image d’ours mal léché dont il semble s’accommoder. Pour moi, Frédéric Soulier est un artiste, point. Un équilibriste. Il jongle avec les registres, le vocabulaire et les images comme s’il avait réuni dans sa foutue caboche toutes les époques littéraires et les styles associés. Il réconcilie les expressions modernes, fleuries, et, il ne s’en cache pas, plus que familières, avec l’élégance et la distinction des auteurs classiques. Je crois que c’est ça sa marque de fabrique, ouais. Il écrit le langage parlé avec force réalisme, mais nourrit ses lignes d’un vocabulaire varié, parfois soutenu, ainsi que d’un je ne sais quoi de poétique (indescriptible le truc, je sèche)

Le style est une chose. Je ne vais pas m’éterniser sur ce point, l’auteur en a.

Le contenu en est une autre. Et là, comment dire ? Quel que soit le sujet qu’il choisit de traiter, Frédéric Soulier le fait jusqu’au bout. Loin d’enfoncer des portes ouvertes, il préfère les remettre debout pour les ouvrir à sa manière, sous un autre angle, invitant le lecteur à adopter un regard neuf sur certaines histoires. Bon, les connards resteront des connards, idem pour les écervelés, mais reste qu’il est bon de rappeler certaines vérités : l’Homme est un animal. Merci m’sieur Soulier.

Et si vous n’avez pas particulièrement envie de maugréer sur les vicissitudes de l’âme humaine, ne vous en faites pas, il s’agit là d’une vraie histoire, avec une belle introduction, des rencontres, des gentils et des méchants (bien vilains), des rebondissements, la p’tite dose d’amour qui va bien (une fois n’est pas coutume avec cet auteur, croyez-moi !), un peu d’action, jusqu’à cette fin qui vous tire aisément la p’tite larme.

Ouais, chapeau l’artiste ! Il y a mis du cœur, à vous marteler le vôtre. Merci.

Pour vous le procurer          Page Amazon de l’auteur

Page Facebook de l’auteur          Blog de l’auteur

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